Le mythe du retour au bercail : Quand rentrer d’expatriation devient une véritable transition identitaire
Et puis un jour, longtemps après, j’ai fait le choix de rentrer pour retrouver ma famille et ma culture.
Au début, j’étais sur un petit nuage. Pendant un an, j’ai profité sans réserve de la beauté de Paris, des copains, des grandes réunions de famille. Mais ensuite, une période beaucoup plus difficile a commencé, au moment où la réalité du retour a vraiment pris forme, où l’extraordinaire est devenu normal.
Cette petite singularité sur laquelle je m’appuyais à New York n’était plus là. J’étais redevenue une parmi tant d’autres et pourtant je me sentais si différente.
Ironiquement, je ne me suis jamais sentie aussi Française qu’à New York, et aussi Américaine qu’à Paris. C’est la souffrance née de ce décalage qui s’invite régulièrement dans mon cabinet de thérapie.
Le choc culturel inversé : la fameuse « courbe en W »
On anticipe souvent tout quand on rentre : le logement, l’école des enfants, la recherche d’emploi, la Carte Vitale, la fiscalité. Les listes de tâches sont infinies.
Mais on oublie trop souvent de préparer son équilibre émotionnel et de gérer le deuil de l’expatriation. Quand le mal-être nous frappe, on culpabilise. On se dit qu’on devrait être heureux d’être rentré.
Pourtant c’est mécanique. C’est la fameuse « courbe en W » : celle qui décrit le choc culturel à l’aller, et le « reverse culture shock » au retour.
Après une période plus ou moins longue d’euphorie des retrouvailles avec le pays d’origine, le choc culturel inversé frappe. On se retrouve soudain face au deuil de la personne qu’on était là-bas, essayant de retrouver sa place dans un entourage qui a continué sa vie sans nous, où tout paraît si familier et où l’on se sent pourtant si étranger. C’est la souffrance que génère ce tiraillement que l’on va travailler.
Vidéo replay du webinaire : Psychologie du retour en France (avec French Morning)
Vous traversez cette transition ? Pour aller plus loin, découvrez le replay complet de mon intervention sur la psychologie du retour :
L’approche de la Gestalt thérapie : l’ici et maintenant
En Gestalt thérapie, l’approche est particulière. On ne cherche pas à s’allonger pour analyser indéfiniment le passé, on se centre sur « l’ici et maintenant ».
On ne cherche pas non plus à effacer ce décalage inconfortable, on cherche à faire avec. On peut par exemple imaginer un dialogue symbolique entre les deux polarités, le «moi aux US » et le « moi en France ». L’idée n’est pas de choisir son camp. Le but, c’est d’intégrer ces deux identités pour ne plus souffrir de se sentir coupé en deux.
Si vous êtes en pleine transition, il est normal que cela vous paraisse difficile. Vous ne reprenez pas votre vie d’avant, vous en inventez une nouvelle avec tout ce que vous avez ramené de l’étranger et qui vous a modifié.
Et si c’est trop lourd à porter seul, n’hésitez pas à en parler. Le bon moment pour être accompagné, c’est simplement celui qui vous semble juste.
Si vous traversez cette transition difficile, je vous accompagne au sein de mon cabinet de Gestalt thérapie à Paris 8 (lien vers l’accueil) ou lors de consultations en ligne.


