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Estime de soi : et si ce n’était pas vraiment “vous” le problème ?

Je reçois souvent des personnes qui me disent, assez vite dans la séance : “Je manque de confiance en moi”. Et pourtant, en les écoutant, je vois autre chose. Je vois quelqu’un qui sent finement, qui pense agilement, qui perçoit beaucoup de choses… mais qui, presque dans le même mouvement, vient se couper. Se corriger. Se retenir. Comme si une autre voix prenait la place.

Il y a quelques jours, une cliente me parle d’une situation où elle s’est sentie blessée. Son émotion est là, très claire. Et puis, presque immédiatement : “Enfin bon, je réagis trop… c’est ridicule.” C’est très rapide. Presque invisible. Mais c’est exactement là que quelque chose se joue.

L’introjection en psychothérapie : ces voix qui nous coupent de nous-mêmes

En Gestalt, on appelle ça une introjection. Des phrases, des normes, des jugements qu’on a tellement intégrés qu’ils semblent venir de nous.

  • “Je suis trop sensible.”
  • “Je devrais gérer.”
  • “Ce n’est pas si grave.”

Ce n’est pas qu’on manque d’estime de soi. C’est qu’on a appris à ne pas se faire confiance. Et ça, souvent, le corps le montre avant même qu’on puisse le penser.

Quand le corps exprime le manque de confiance

Le regard qui se détourne.
La main qui vient couvrir la bouche.
La respiration qui se coupe juste avant de parler.

Parfois je le nomme doucement : “Là, quand vous dites que c’est ridicule… qu’est-ce qu’il se passe dans votre corps ?” Ça ralentit. Et souvent, quelque chose réapparaît.

Une tension, une émotion, un élan qui avait été interrompu.

Et juste en dessous, il y a souvent de la honte.
Pas forcément une honte qu’on nomme facilement. Plutôt quelque chose de discret, mais très présent. Comme s’il y avait, au fond, quelque chose à cacher. Alors on se corrige.

  • On s’ajuste.
  • On se fait plus petit…
  • ou plus lisse.

Retrouver l’estime de soi par la Gestalt thérapie

Avec le temps, tout ça finit par faire une identité :

  • “Je suis quelqu’un qui doute.”
  • “Je ne suis pas très sûr.e de moi.”

En Gestalt, on parlerait de la fonction personnalité : la manière dont on se définit. Sauf que parfois, cette définition est construite à partir de ce qu’on a appris à taire, pas de ce qu’on est vraiment. En séance, mon travail n’est pas de “remonter” l’estime de soi. C’est plutôt de rester à ces endroits très précis : là où la personne commence à se couper d’elle-même.

  • Remettre de la présence.
  • Remettre du choix.

Et parfois simplement dire : “Attendez… juste avant de dire que c’est ridicule — qu’est-ce que vous ressentiez ?” Ce sont de petits moments. Mais c’est souvent là que quelque chose se réouvre. Un peu plus de contact avec soi. Un peu moins de dureté. L’expérience d’un peu plus de douceur dans le contact.

Et, sans qu’on ait besoin de la “travailler” directement, l’estime de soi revient… autrement.

Si vous vous reconnaissez dans certains de ces comportements et avez envie d’aller regarder cela de plus près, je vous accompagne au sein de mon cabinet de Gestalt thérapie à Paris 8 ou lors de consultations en ligne.

« You can’t stop the waves but you can learn to surf. »
Jon Kabat-Zinn