Burn-out : quand le corps dit stop avant vous

Les personnes que je reçois ne disent pas toujours “je fais un burn-out”. Elles parlent d’abord de fatigue. Une fatigue qui ne passe pas, même après les vacances. Elles parlent d’émotions qu’elles n’arrivent plus à contrôler.

Elles parlent aussi d’un décalage :

“Je continue à faire… mais je ne suis plus vraiment là.”

Il y a moins d’élan, moins de plaisir. Parfois même une forme d’indifférence là où il y avait de l’engagement.

En séance, ça se voit très concrètement.

Le corps est tendu, ou au contraire affaissé. La respiration est courte. Le regard se perd. Et en même temps, quelque chose continue de pousser :
“Il faut tenir.”
“Je n’ai pas le choix.”
“Ça va passer.”

Comme si la personne continuait à avancer… sans elle-même.

Le burn-out ne survient pas d’un coup. C’est un processus d’épuisement progressif.

Au départ, il y a souvent beaucoup d’engagement, une vraie envie de bien faire, de s’investir. Puis, peu à peu, un déséquilibre s’installe : trop de demandes, pas assez de ressources, pas assez de récupération. Les frontières disparaissent. J’ai entendu des mots très forts comme “se sentir encapsulé”, “je suis [le nom de leur entreprise]”, ou encore un vocabulaire du combat : ”j’utilise mes dernières cartouches”.

La personne donne beaucoup, souvent sans vraiment s’arrêter, jusqu’à l’épuisement.

Ce qui apparaît alors est assez caractéristique. Il y a une fatigue profonde, une perte d’énergie, des troubles du sommeil. Mais aussi quelque chose de plus subtil : une distance qui se crée. Moins d’empathie, plus d’irritabilité, ou au contraire une forme d’anesthésie.

Et souvent un sentiment d’échec, de ne plus y arriver.

En Gestalt, on pourrait dire que le contact se perd.

La personne ne sent plus vraiment ses limites. Elle continue malgré la fatigue, elle se pousse. Elle est souvent portée par des exigences très intériorisées :
“je dois tenir”,
“je ne dois pas décevoir”,
“il faut y arriver”.

En séance, le travail n’est pas de “remotiver”. Il s’agit d’abord de ralentir. De revenir au corps, aux sensations, à ce qui est déjà là mais souvent ignoré.

Je peux par exemple demander :
“Là, tout de suite, que se passe-t-il dans votre corps ?”
“Qu’est-ce qui cherche à se dire ?”

Petit à petit, la personne recommence à percevoir sa fatigue, ses limites, ses besoins. Et surtout, elle retrouve la possibilité de s’y arrêter.

Le burn-out n’est pas un manque de capacité. C’est souvent l’histoire de quelqu’un qui a trop longtemps tenu, sans pouvoir s’écouter. Jusqu’au moment où le corps, lui, ne peut plus continuer — et impose l’arrêt.

Si vous vous reconnaissez dans ces ressentis, et avez envie d’aller regarder cela de plus près, contactez moi.

 

Burnout: when the body calls it quit before you do.

The people I see don’t always say, “I’m experiencing burnout.”

They first talk about fatigue. A fatigue that doesn’t go away, even after vacations. They also speak about emotions they can no longer regulate. They describe a kind of disconnection:
“I keep going… but I’m not really there anymore.”

There is less drive, less pleasure. Sometimes even a form of indifference where there used to be engagement.

In session, this shows very clearly. The body is tense, or on the contrary collapsed. The breathing is shallow. The gaze drifts. And at the same time, something keeps pushing:
“I have to keep going.”
“I don’t have a choice.”
“It will pass.”

As if the person kept moving forward… without themselves.

Burnout does not happen overnight. It is a process of gradual exhaustion.

At the beginning, there is often a strong level of commitment, a real desire to do well and to be invested. Then, little by little, an imbalance sets in: too many demands, not enough resources, not enough recovery. Boundaries start to disappear. I often hear very strong expressions such as “I feel trapped,” “I am [the name of my company],” or even a language of combat: “I’m down to my last bullets.”

The person gives a lot, often without really stopping, until exhaustion.

What then appears is quite characteristic. There is a deep fatigue, a loss of energy, and sleep disturbances. But also something more subtle: a growing distance. Less empathy, more irritability, or on the contrary a form of numbness.

And often a feeling of failure, of no longer being able to cope.

In Gestalt, we could say that contact is lost.

The person no longer really senses their limits. They keep going despite the fatigue, pushing themselves further. Often driven by deeply internalized demands:
“I have to keep going,”
“I must not let anyone down,”
“I have to make it work.”

In therapy, the work is not about “re-motivating.” It is first about slowing down. Coming back to the body, to sensations, to what is already there but often ignored. I might ask:
“Right now, what is happening in your body?”
“How does it feel ?”

Little by little, the person begins to perceive their fatigue, their limits, their needs again. And most importantly, they regain the possibility of stopping.

Burnout is not a lack of ability. It is often the story of someone who has kept going for too long, without being able to listen to themselves. Until the moment when the body can no longer continue — and imposes the stop.

If this feels familiar, and you would like to explore it more closely, feel free to get in touch.

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